Chaque après-midi, des millions de familles françaises se posent la même question : que proposer aux enfants pour le goûter ? Ce moment, souvent pris vers 16 heures, n’est pas anodin dans le rythme alimentaire des plus jeunes. Il permet de mieux répartir les apports nutritionnels de la journée et d’éviter des repas du soir trop copieux, tout en restant un instant de plaisir et de partage.
À retenir
- Le goûter joue un rôle crucial dans l’équilibre nutritionnel quotidien des enfants en aidant à mieux répartir les apports alimentaires.
- De nombreux enfants consomment trop de sucre et ne respectent pas les recommandations nutritionnelles lors de la collation de l’après-midi.
- Un goûter équilibré devrait associer des produits céréaliers, un fruit frais et un produit laitier, tout en privilégiant l’eau comme boisson principale.
- Il est recommandé de limiter les produits industriels transformés, trop gras ou trop sucrés, et de se fier au Nutriscore pour faire des choix plus sains.
- La préparation de recettes simples à base de produits frais permet de varier les goûts et les textures pour éviter la monotonie alimentaire.
- Le goûter doit rester un moment de partage et de plaisir, en impliquant les enfants dans les choix pour favoriser leur autonomie.
- Apprendre aux enfants à respecter leurs signaux de satiété et à découvrir de nouvelles saveurs est essentiel pour établir une relation saine avec la nourriture.
Pourtant, les chiffres interpellent : selon le Haut Conseil de la santé publique, seuls 21% des enfants de 7 à 14 ans respectent réellement les recommandations en matière de goûter, et 43% des collations proposées ne contiennent aucun des composants recommandés. L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire alerte d’ailleurs sur le fait que trois quarts des enfants de 4 à 7 ans consomment trop de sucre au quotidien. Face à ce constat, il devient essentiel de repenser la façon dont on compose ce rendez-vous gourmand, sans pour autant transformer chaque après-midi en leçon de nutrition. D’ailleurs, pour préparer facilement des goûters variés et équilibrés toute la semaine, faire ses courses U permet de trouver un large choix de fruits, produits laitiers et céréales adaptés aux besoins des enfants.
Composer un goûter équilibré et gourmand
Les groupes alimentaires à privilégier pour un encas nutritif
Un goûter réussi repose sur un principe simple : associer plusieurs familles d’aliments complémentaires. Les spécialistes du Centre de Ressources et d’Informations Nutritionnelles recommandent généralement une base de féculents ou de produits céréaliers, un fruit frais ou une compote, et un produit laitier comme un yaourt ou un morceau de fromage. Cette combinaison apporte à la fois des glucides pour l’énergie, des protéines pour la croissance, ainsi que des vitamines et des minéraux indispensables au bon développement de l’enfant. Il ne faut pas non plus négliger l’hydratation : un verre d’eau reste la boisson à privilégier, loin devant les jus de fruits ou les sodas qui apportent surtout du sucre inutile.
À l’inverse, certains aliments méritent d’être limités, voire évités au quotidien : les barres chocolatées, les biscuits industriels trop gras ou trop salés, ainsi que les boissons sucrées. Le Nutriscore constitue un repère utile lors des achats pour orienter les choix vers des produits plus sains. Il est également important de ne jamais forcer un enfant à terminer son assiette : respecter ses signaux de satiété l’aide à construire une relation saine avec la nourriture, une compétence qui se développe dès la diversification alimentaire, entre 4 et 6 mois, et qui se consolide au fil des repas réguliers.

Des recettes simples et rapides que les enfants adorent
Pas besoin d’être un grand cuisinier pour proposer des goûters à la fois nourrissants et savoureux. Une simple tartine beurrée accompagnée d’une compote maison, des flocons d’avoine mélangés à un yaourt, ou encore un croque banane rapide à préparer suffisent souvent à ravir les papilles des plus jeunes. Le pain d’épice, les petits pains au sésame ou un wrap garni de poires et d’un peu de chocolat offrent également des alternatives originales qui sortent de la routine. Pour les jours plus chauds, un milkshake à base de prunes et de banane apporte fraîcheur et vitamines tout en restant simple à réaliser.
Ces recettes ont l’avantage de pouvoir être adaptées selon les saisons, en profitant des fruits disponibles localement, mais aussi selon les envies du moment. Varier les textures, croquant, moelleux, fondant, permet de maintenir l’intérêt des enfants et d’éviter la monotonie qui pousse souvent vers les produits industriels tout prêts.
Créer des rituels positifs autour du goûter

Transformer le goûter en moment de partage familial
Au-delà de sa dimension nutritionnelle, le goûter possède une véritable valeur sociale et affective. C’est souvent l’occasion pour les parents et les enfants de se retrouver après l’école, d’échanger sur la journée écoulée, dans une ambiance détendue loin des contraintes du repas principal. Impliquer les enfants dans le choix de leur goûter, par exemple en établissant ensemble un planning hebdomadaire le mercredi, leur donne un sentiment d’autonomie tout en les responsabilisant face à leurs choix alimentaires.
Des études montrent d’ailleurs que les stratégies axées sur le plaisir alimentaire, comme les challenges culinaires ou la découverte de l’origine et de l’histoire des aliments, s’avèrent souvent plus efficaces que les discours purement axés sur la santé. Associer une allégation santé à un aliment peut même, paradoxalement, nuire à son appréciation par les enfants. Mieux vaut donc privilégier la curiosité et la découverte des saveurs plutôt que la contrainte, en proposant par exemple des formats individuels pour les activités extrascolaires et des formats à partager à la maison.

Apprendre aux enfants à écouter leurs sensations de faim
L’éducation nutritionnelle passe aussi par l’apprentissage progressif des signaux corporels. Dès la petite enfance, jusqu’à environ 3 ans, les repas peuvent rester irréguliers sans que cela nuise au développement, mais des repas plus structurés par la suite aident les enfants à mieux reconnaître leur faim et leur satiété. On sait par ailleurs que les goûts se fixent généralement vers l’âge de 2 ans, et qu’il faut parfois jusqu’à sept tentatives avant qu’un enfant accepte un nouvel aliment, ce qui invite à la patience plutôt qu’au découragement.
La collation du matin n’est souvent pas nécessaire si le petit déjeuner et le déjeuner sont complets et équilibrés, comprenant idéalement un produit laitier, du pain ou des céréales, un fruit et une boisson. En revanche, lors d’activités physiques intenses, les enfants peuvent avoir besoin d’un apport énergétique supplémentaire. Limiter le fast-food sans l’interdire totalement, et privilégier des goûters faits maison comme des cakes salés, des biscuits accompagnés de fruits frais ou des tartines de fromage, permet de concilier plaisir, équilibre nutritionnel et bonnes habitudes durables pour la croissance et le développement des enfants.



















